Ne les appelez pas caprices ! – GG Jeunes Parents

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Comment faire face à ces expressions d’émotions fortes, que l’on appelle encore des « caprices » ? Silvia Iaccarino, formatrice et psychomotricienne, nous l’explique

Ils nous envoient souvent sur tilt, on ne sait pas comment les gérer, ils nous fatiguent et nous font nous sentir insuffisants : ce sont ce que l’on appelle communément les « caprices » des enfants.

Pour apprendre à les gérer efficacement, nous pouvons essayer porter de « nouvelles lentilles », capables de nous faire interpréter différemment le comportement des plus petits et d’accueillir plus facilement leur fatigue (englobant aussi la nôtre, de fatigue).

Nous avons abordé le sujet dans l’un des derniers directs Instagram de GG (à ne pas manquer !). Notre invité était Silvia Iaccarino, formatrice et psychomotriciennefondateur de Training Paths 0-6, qui nous a donné quelques conseils utiles et une suggestion de base à ce sujet : ne les appelons plus des caprices !

Que sont les crises de colère ?

Pour comprendre ce que sont réellement les accès de colère et les pleurs des enfants, souvent incompréhensibles pour nous, il peut être utile de commencer à les définir autrement. Le terme « capricci » a, en effet, une valeur négative qui renvoie à une idée quelque peu datée d’un enfant (celui, pour être clair, avec lequel nous, les parents, avons grandi).

A la base il y a un regard préjudiciable, qui tend à identifier l’enfant à un sournois qui ne fait pas ce qu’il doit faire et qu’on attendrait de lui.

Voici donc les caprices : comportement déraisonnable des enfants, qui s’en prennent à des choses futiles et futiles. Qui n’a pas trouvé, au moins une fois, le cri désespéré de donner à son enfant un biscuit cassé, par exemple ?

Plus utile ce serait essaie de changer ton point de vuec’est-à-dire les caprices comme expressions d’émotions ressenties par l’enfant à ce moment-là, caractérisées par une très forte intensité, mais pas seulement.

Les études les plus avancées nous disent que les comportements humains, chez les enfants comme chez les adultes, à tous les âges et dans toutes les parties de la planète, sont expressions visibles de la neurophysiologie du corps. Autrement dit, si le corps est en équilibre, il est naturel que des comportements socialement adéquats par rapport à l’âge émergent. Quand, d’un autre côté, notre comportement « s’effondre », c’est le signe que nous avons des problèmes et que quelque chose ne va pas.

Comment vider le vase

Voilà donc qu’il peut être utile de considérer les enfants (mais il en va de même pour les adultes) comme des « vaisseaux » qui, pendant la journée, sont remplis de tant d’informations, de pensées, d’activités et de stimuli. Le vase des enfants est petit et se remplit plus vite, car la stimulation sensorielle, la charge d’informations et le traitement des données auxquels ils doivent faire face sont plus exigeants que pour nous.

Les caprices, ainsi que les éclats de larmes ou de colère soudains et apparemment non motivés, ne sont rien de plus que ce qui sort de ce récipient désormais plein. Vous vous souvenez du cookie cassé ? Voici la goutte qui, à la fin de la journée, fait déborder notre petit vase.

Mieux vaut prévenir

Que faire alors ? Le mieux est d’apprendre à prévenir en acquérant un plus grand raffinement d’observation des comportements des enfants. C’est en effet à travers la signaux non verbaux que les enfants indiquent que leur récipient est en train de se remplir. A nous de saisir et de décrypter ces signaux.

Quelques exemples ? Si l’enfant change de regard ou d’expression sur son visage, se frotte les yeux ou fait des gestes récurrents comme se toucher constamment les cheveux, s’il se fige ou se met à bouger sans s’arrêter, s’il est moins stable en équilibre ou se met à bégayer : ce sont quelques signes qui nous disent qu’il vaut mieux commencer à « vider la marmite » avant que la situation ne s’aggrave.

Pour ce faire, il ne faut pas grand-chose. Un petit cocooning, un massage, un bain chaud. Prendre soin de la maison ou arroser les plantes et aider à la cuisine sont aussi des activités qui détendent les enfants, comme le sont tous les jeux cognitifs comme les puzzles et les clous, ou encore les activités expressives et créatives.

C’est bien, dans ces cas, rire ensemble et faire des bulles de savon, qui aident à réguler la respiration et à se détendre. D’autres activités simples sont de boire un verre d’eau, de se promener dans la nature, de lire un livre ou d’essayer de changer les horaires et les routines.

Première étape : rassurer

Cependant, s’il est déjà trop tard et que la « crise de colère » est en cours, la première chose à faire est de s’assurer que l’enfant est en sécurité, qu’il ne peut pas se blesser ou blesser les autres. Après… c’est bien d’attendre que l’orage passe !

Beaucoup d’enfants, lorsqu’ils sont très en colère, ne veulent pas être touchés et la communication est difficile dans ces moments-là. Mieux vaut tamiser les lumières, éteindre la télé et les autres appareils électroniques et rester aussi calme que possible, pour normaliser la situation et essayer de transmettre notre calme.

Ce n’est que lorsque le petit s’est calmé que les mots et les câlins seront utiles pour essayer de comprendre ensemble ce qui s’est passé et trouver une solution. Ce qui certainement ça ne sert à rien, dans ces situations, ce sont des attitudes de bras de fer essayer de transmettre des règles ou des enseignements à l’enfant sur le comportement qu’il adopte.

Nous y sommes aussi !

Vous souvenez-vous des consignes de sécurité qu’ils donnent dans l’avion ? Avant d’aider les autres avec des masques à oxygène, il est important d’avoir le vôtre.

Devant les « caprices » des enfants la même règle s’applique: si nous sommes les premiers en difficulté, nous n’aurons guère la patience de gérer la fatigue des petits qui, au contraire, ils ont besoin d’avoir un adulte « capacité » devant eux lorsque leur pot est plein.

C’est pourquoi certains comportements d’enfants nous paraissent ingérables si nous sommes les premiers fatigués, alors que dans une situation plus détendue nous sommes capables de les gérer parfaitement.

C’est pourquoi il est essentiel prendre soin de soi en apprenant d’abord à décompresser et à être indulgent avec soiaccepter des efforts plus que normaux et partagés et ne pas attendre la perfection ni de soi ni des enfants.

Le caprice nous attrape-t-il à un moment où nous ne pouvons tout simplement pas le gérer sereinement ? On demande de l’aide à l’autre parent ou, si on est seul, on accepte cet effort, on reste près de l’enfant et… on laisse passer.

Les 2 terribles : réalité ou légende ?

Enfin, il est important d’apprendre à distinguer les « caprices » de ce qui est l’opposition saine des enfants, physiologique dans les différentes étapes du processus de croissance. Par exemple, vers 18 mois (lorsque ceux qui viennent souvent sont pris défini les « deux terribles »), les petits commencent à construire leur propre personnalité en se façonnant de manière plus significative. Dans ce processus, ils cherchent un moyen de comprendre qui ils sont.

Tout cela doit aussi « Non » dis-je fermement: la construction de soi, en effet, ne peut passer que par opposition aux autres. Nous gardons également à l’esprit que les enfants disent souvent autant de non qu’ils en reçoivent : s’ils sont les premiers à nous entendre continuellement dire non, ils feront de même par imitation.

En savoir plus

« Les douze stratégies révolutionnaires pour favoriser le développement mental de l’enfant« ,
par Daniel J Siegel et Tina Payne Bryson, Raffaello Cortina Editore.

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